Culture express

Où on va papa ?

 
Jean Louis Fournier

Parce que Lire, c'est aussi vivre, ressentir, aimer. 
Par compassion pour ces enfants pas ordinaires et ces parents extra-ordinaires... 

Portrait

Jeudi 10 septembre 2009
J'aurais eu le ventre tendu à craquer prêt à exploser, des seins prêts à être malmenés par une petite bouche avide, j'aurais sans doute déjà acheté une super poussette verte anis et quelques doudous adorables. 
Sans doute aussi j'aurais eu des angoisses, des peurs, des craintes ... peut être je ne serais plus au Canada, certainement d'ailleurs. La situation aurait même pu être compliquée... Ca je ne le saurais jamais. 

On peut toujours me répéter que non, je "n'aurais pas du", qu'il ne faut pas vivre dans les regrets, que ce n'était pas le moment, que la nature fait bien les choses etc... seule une maman pour qui la grossesse s'est arrêtée saura ce que c'est de voir un ventre rond approcher à 10m, de sentir que cette femme là, elle porte en elle un enfant, bien vivant et que bientôt elle aura la joie de le connaître.

Que le temps serait passé si vite.
Qu'il ne resterait qu'un mois.

Alors je vis par procuration et je remercie toute ses mères de me laisser aimer leur enfant, un peu plus que la normale. qu'elles me laissent câliner, pouponner tout ceux qui ont le malheur de s'approcher un peu trop près...

et j'attends mon tour
Ce jour où je pourrait rêver à un enfant. à mon enfant sans craindre que le rêve ne tourne au cauchemar.

 
Par pauline
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Jeudi 20 août 2009
Je me réveille un matin, dans un palais de sable. L'air y est frais, les sons commencent à monter de la rue. Je suis en Inde. 

Je passe la porte et trébuche sur un pavé, un métro siffle devant moi et manque de m'arracher un bras. Je suis à Singapour.

Je marche un peu, déambule et aperçois deux lions, ils me regardent et continuent leur chemin. Je traverse silencieusement la Somalie.

Soudain je monte à un arbre et aperçois d'énormes chutes d'eau. La musique s'élève d'un village et je danse à perdre haleine. Le Brésil retient son souffle.

Je m'épuise, m'écroule à terre et me peint le corps. La Nouvelle Calédonie est mon clan. Ils construisent une nouvelle ...

Cathédrale, ou les choeurs répètent avec leurs voix innocentes. je tate cette pierre vieille de quelques siècles. L'Italie sent bon.

Mais il est temps de trouver une monture pour traverser les steppes avant l'hiver. Le troupeau doit paître. La Mongolie ne rigole pas avec les animaux.

Je suis seule, dans un lieu inhabité, dans un mélange de sable et de pierre, il ne fait ni chaud ni froid, le silence est bruyant ou serais-ce l'inverse. Je le vois, lui, celui que j'aime. Nous sommes seuls. Et soudain, par la fenêtre je crois reconnaître mon ami, mes amis, leurs visages sont un peu différents mais ils sourient. Ce sont mes cousines, mes oncles, mes soeurs, mes parents... ils sont nés au village voisin, dans le pays d'à côté, celui derrière la montagne... Et nous fêtons ensemble jusqu'au lever du jour. Nous fêtons le soleil, la pluie, la naissance, la mort, les voyages... et nous endormons au petit jour sous un tilleul doré. 
 
Par pauline
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Mercredi 27 mai 2009

Je me sentais forte, de cette force de ceux qui ont croisé la mort, 
Je me sentais prête, malgré l'incertitude de notre avenir
J'imaginais déjà sentir mes seins se gonfler
Je goûtais déjà le goût du soulagement
J'me voyais déjà l'aimant encore plus fort,
Lui, mon homme évidemment.

Mais tout cela était trop intime,
Il ne l'a pas vu,
ou Il n'y a pas cru,

Il n'a vu que la partie sortante de l'iceberg,
La lassitude et le stress.
Il n'a vu que ce que j'ai bien voulu lui montrer, certainement.

N'empêche...

T'attends quoi pour me faire un autre enfant ?
 

Si tu attends les hirondelles, un rayon de soleil, la caresse d'un vent du Sud. 
Si tu attends un souffle, un regard plissé, un rire franc.
Si tu attends la terre rouge, la brique d'une maison, la poussière étouffante.
Si tu attends la moiteur d'un corps, l'excitation d'une épaule dénudée, le réconfort d'un amour sans faille.

Alors ta vie ne sera qu'attente.

Mais si, un beau jour, tu décidais que ma voix serait l'hirondelle, mon corps le vent du sud, nos amis les souffles, nos familles les regards plissés. Si un jour notre couple était la brique, et nos voyages la poussière, mon stress la terre rouge et mes mauvaises humeurs l'éclat d'un rire franc...

Alors ensemble, le quotidien se transformerait en conte initiatique, notre désir de famille en épopée chevaleresque, de désaccords en réconforts, on naviguerait sur notre vie et on serait heureux. Du moins de ce bonheur profond d'être ce que l'on est, sans se mentir, sans se transformer, sans se travestir.
Nous serions simplement le roi et la reine d'un vaste empire de sentiments dévoilés, attaqués, de batailles gagnées... 

Et au fond de ma chair, nous arroserions une graine d'Amour. 

 

Par pauline
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