j'me voyais déjà

Publié le par pauline

Je me sentais forte, de cette force de ceux qui ont croisé la mort, 
Je me sentais prête, malgré l'incertitude de notre avenir
J'imaginais déjà sentir mes seins se gonfler
Je goûtais déjà le goût du soulagement
J'me voyais déjà l'aimant encore plus fort,
Lui, mon homme évidemment.

Mais tout cela était trop intime,
Il ne l'a pas vu,
ou Il n'y a pas cru,

Il n'a vu que la partie sortante de l'iceberg,
La lassitude et le stress.
Il n'a vu que ce que j'ai bien voulu lui montrer, certainement.

N'empêche...

T'attends quoi pour me faire un autre enfant ?
 

Si tu attends les hirondelles, un rayon de soleil, la caresse d'un vent du Sud. 
Si tu attends un souffle, un regard plissé, un rire franc.
Si tu attends la terre rouge, la brique d'une maison, la poussière étouffante.
Si tu attends la moiteur d'un corps, l'excitation d'une épaule dénudée, le réconfort d'un amour sans faille.

Alors ta vie ne sera qu'attente.

Mais si, un beau jour, tu décidais que ma voix serait l'hirondelle, mon corps le vent du sud, nos amis les souffles, nos familles les regards plissés. Si un jour notre couple était la brique, et nos voyages la poussière, mon stress la terre rouge et mes mauvaises humeurs l'éclat d'un rire franc...

Alors ensemble, le quotidien se transformerait en conte initiatique, notre désir de famille en épopée chevaleresque, de désaccords en réconforts, on naviguerait sur notre vie et on serait heureux. Du moins de ce bonheur profond d'être ce que l'on est, sans se mentir, sans se transformer, sans se travestir.
Nous serions simplement le roi et la reine d'un vaste empire de sentiments dévoilés, attaqués, de batailles gagnées... 

Et au fond de ma chair, nous arroserions une graine d'Amour. 

 

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