Me voilà rentrée. Je suis revenue d'un long périple au Québec. Contrée certes peu dangereuse mais où le bon vivre et la
bonne humeur sont des pièges ...
J'ai fui le stress de Paris, la morosité, la platitude d'un quotidien qui s'enchaîne sans saveur. J'ai trouvé ce que je
cherchais, une vie au jour le jour, une profusion de sensations, de rencontres, de merveilleuses vues et d'images inoubliables. J'ai parcouru des milliers de kilomètres pour arriver au bout du
monde et, avec une amie d'enfance on a passé des heures à regarder la mer pour y voir des monstres marins...
J'ai décroché la lune, doré au soleil, humé la senteur du bois, senti les gouttes de pluie me caresser les
joues.
Le temps a perdu son "in"utilité. Je ne me suis jamais sentie aussi bien et proche de la nature. Je suis allée chercher
des troncs rejetés par la mer pour allumer un feu avec des brindilles et voir comment la vie est simple.
Prendre le temps d'écrire et de parler, de nous, des autres, de la vie, de la planète. Echanger des idées, parfois ne
pas être d'accord et ne pas se comprendre... Mais savoir que cette fille qui est à côté de moi, malgré tout cela restera toujours à mes côtés dans la vie. Constater avec amertume que j'en doute
pour l'Amour ...
Ses promesses de meilleur, sa voix, ses coups de folies me font rêver, bien sûr, car je suis une rêveuse et une
idéaliste... Car j'ai une croyance infinie en la nature humaine et que je ne peux pas imaginer que les gens n'évoluent pas, ne mûrissent pas, n'aiment pas.
J'ai peur de lui offrir tant de moi et qu'il me fasse du mal... Je voudrais garder tout cela précieusement et choisir
ce que je suis prête à céder. Mais je ne suis pas de celles qui réfléchissent. Je suis de celles qui donnent, quitte à s'y perdre.
Je voudrais qu'il m'empêche de me perdre a nouveau et m'accompagne dans ma vie. Je voudrais qu'il me dise : Pars et je
fonce, je te suis car tu es faite pour ça. Je voudrais qu'il le fasse. Pour lui. Parce que c'est moi et pas une autre.
Mais ce n'est pas ce qui va se passer.
Je vais faire le choix de partir de nouveau. Dans quelques jours je ferais des sacs emplis d'habits et de boucles d'oreilles. Je me projetterai dans une ville anglophone et je ressentirai de la
joie à l'idée d'être à ses côtés.
Dans une semaine j'irais passer un entretien pour une mission de coopération et de développement. On me parlera
d'entraide, de soutien, d'échange et ces mots résonneront en moi. J'aurais la sensation d'être à ma place et ce sera certainement vrai. Mais je vais différer même si au fond je sais que c'est
maintenant ou jamais...
Et dans deux semaines un avion nous emmènera de nouveau au dessus de l'océan vers le Canada et je fermerais les yeux.
Mon coeur sera partagé. Le temps et la distance éloigneront un peu mes doutes et la vie m'apportera de nouvelles surprises...
Et je pleure sur ces choix difficiles qui ponctuent notre existence et brisent nos rêves enfouis. Je pleure d'avoir à
choisir entre l'homme que j'aime et ma passion : mon métier. Je pleure et je le choisis, une fois de plus.
Tu DiS QuOi ??